Fédération Québécoise d'Athlétisme

LES QUÉBÉCOIS DANS LES GRANDS RENDEZ-VOUS INTERNATIONAUX : LES JEUX DU COMMONWEALTH

LES QUÉBÉCOIS DANS LES GRANDS RENDEZ-VOUS INTERNATIONAUX : LES JEUX DU COMMONWEALTH

2018-12-17

Par Denis Poulet

C'est aux Jeux du Commonwealth que les Québécois ont remporté leurs plus grands succès sur la scène internationale de l'athlétisme. Ils y ont récolté en effet un total de 44 médailles, soit 12 en or, 15 en argent et 17 en bronze. C'est 13,5 % du nombre de médailles total du Canada (323). En comparaison, aux Jeux panaméricains, les Québécois n'ont amassé que 15 médailles (2-5-8). 

Médaillés québécois aux Jeux ...

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ALAIN BORDELEAU ET BENOIT LEDUC SE PARTAGENT DES SOUVENIRS

ALAIN BORDELEAU ET BENOIT LEDUC SE PARTAGENT DES SOUVENIRS

2018-09-28

Par Fédération québécoise d'athlétisme

 

Montréal (1er octobre 2018) - Jeudi dernier le 27 septembre à la Boutique Courir s'est tenue la conférence d'Alain Bordeleau et de son entraîneur de l'époque, Benoit « Ben » Leduc. Laurent Godbout, analyste olympique en athlétisme a brillamment dirigé la conversation qui a rapidement pris la forme d'un récit inspirant. C'est au compte-gouttes que l'athlète et son entraîneur nous ont raconté les événements clés ayant mené Alain à son apogée en 1984.

 

 

Du ping-pong à Régina Mundi

Le parcours d'Alain débute lorsqu'il rejoint un club d'athlétisme aussi dirigé par l'entraîneur d'une équipe de tennis sur table. Ces nombreuses parties de ping-pong donneront tout de même suite à la pratique de multiples disciplines de l'athlétisme. Rempli d'ambition et convaincu d'avoir un profil de coureur, Alain contacte Benoit « Ben » Leduc et rejoint le club Régina Mundi à Montréal en 1978 à l'âge de­­­ 22 ans. Au fil des mois, Ben prend alors conscience de la capacité d'endurance de l'athlète. « Alain avait cette capacité à maintenir un rythme soutenu pendant très longtemps », précise-t-il.

Alain court son premier marathon à Montréal le dimanche 30 mai 1982 et termine en 2h23'29, se classant premier québécois, 5e canadien et 25e toute catégorie confondue. C'est suite à ce résultat que l'idée que Bordeleau puisse participer aux Jeux olympiques de 1984 est envisagée par Ben.

>Consultez l'archive de La Presse Sports le lendemain du Marathon de Montréal 

 

Battre le record québécois au marathon de Montréal? Pourquoi pas!

Nous sommes en 1983, Alain a 27 ans et il est papa. Il travaille, enseigne et va à l'université, mais il se définit comme un coureur avant tout. « Quand les gens me demandaient ce que je faisais, je leur répondais que j'étais un coureur. La job et l'école étaient des aspects secondaires de ma vie ». La même année, une opportunité se présente afin qu'Alain puisse se consacrer à la course à pied à plein temps.

Serge Arsenault, organisateur du marathon de Montréal à l'époque, cherche un coureur pour battre le record québécois de 2h20 en échange de 5000$, offre que Ben et Alain refusent. « Arsenault c'était un bon gars, mais c'était un négociateur terrible! Je lui ai dit que lui, il avait l'argent et que nous, on avait le talent », ajoute Ben avant que la salle éclate de rire. Finalement, un commanditaire offre 15 000$ à Alain. The deal is done!

Toutefois, suite à un été fort en compétitions, Alain est blessé au tendon d'achille. Il est incapable de courir. Nous sommes à deux mois du Marathon de Montréal. Muni de son éternelle détermination, Alain délaissera graduellement sa bicyclette pour enfin retrouver ses souliers de course.

Le 25 septembre 1983, Alain Bordeleau franchit la ligne d'arrivée du marathon de Montréal au 12e rang en 2h16'36.

 

Aller aux Jeux Olympiques? Pourquoi pas! 

L'idée de participer aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles est maintenant claire pour le coach et l'athlète. Le plan? Aller courir le marathon d'Ottawa, épreuve dans laquelle les deux premiers étaient sélectionnés pour aller aux olympiques. Game on.

À l'hiver 1984, Alain enchaîne les semaines d'entraînement, cumulant une moyenne hebdomadaire de 180 kilomètres. Il court deux fois par jour à l'extérieur et ce, peu importe la température. Sa plus grosse semaine s'éleva à 230 kilomètres. Impressionnant! Témoignant de sa détermination, Alain nous a même confié avoir regardé les Jeux olympiques de Mexico en 1968 à l'âge de 12 ans et s'être dit : « Je vais être là, un jour ».

Matin du jour J, 13 mai 1984. Alain est fébrile et impatient de courir. Il est convaincu que l'entraînement des derniers mois portera fruit. De gros calibres sont  présents dont Peter Butler et Art Boileau. Alain ne retient que quelques images et bribes d'information de ce matin-là, tellement il était absorbé par sa course : « D'un bout à l'autre, j'étais dans mon effort à moi, sans me soucier des autres. [...] Je me souviens vaguement que quelqu'un m'ait dit au 10e kilomètre que j'étais une minute en avant du peloton. Pour moi, il s'agissait d'une information inutile. [...] Puis, à 1500 mètres de l'arrivée, j'ai remarqué qu'Art Boileau était deuxième. Il s'agit de la seule pensée extérieure que j'ai eu lors de la course ».

Ce matin-là Alain Bordeleau, 27 ans, tout juste derrière Dave Edge (2h13'19), franchit la ligne d'arrivée en deuxième position avec un chrono de 2h14'19. Depuis 34 ans, aucun québécois n'a réussit à battre son record. La même année, le 7 avril 1984, Alain établit aussi un record historique québécois jamais battu à ce jour au 10 000 mètres à Eugene en Oregon en 28min42'40. Lors des Jeux Olympiques caniculaires de 1984 à Los Angeles, Alain Bordeleau termine au 65e rang en 2h34'27 complètement déshydraté. 5 litres de solutés sont nécessaires à ce moment pour le remettre sur pied.

Le coureur mythique Alain Bordeleau a marqué l'histoire de la course à pied au Québec. Benoit Leduc, pionnier de l'athlétisme québécois, a joué un rôle majeur dans la carrière de plusieurs athlètes de haut niveau. Ce dernier, s'est adressé aux jeunes présents dans la salle à la fin de la conférence en mettant l'emphase sur la persévérance, la détermination et la patience. « Si quelqu'un veut battre le temps d'Alain, il devra y mettre du temps. [...] J'ai rarement parlé de temps avec mes athlètes. Je parlais de la préparation. Je n'ai jamais mis aucune pression sur eux. Le bilan de leurs efforts c'était le résultat obtenu le jour de la course. ».

Effectivement, les succès instantanés n'existent pas. Du moins, pas en athlétisme. 

>Consultez les performances d'Alain Bordeleau 

>Consultez la liste historique des records en athlétisme au Québec 

 

 

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La totalité des recettes de la conférence a été remise à la Fondation Philippe Laheurte, la seule fondation québécoise qui soit exclusivement réservée aux athlètes en athlétisme. La Boutique Courir remettra pour sa part à la fondation un montant égal à la somme recueillie, soit 2000$. Merci!

 

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