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PORTRAIT D'ATHLÈTE : MANON LÉTOURNEAU, UN PARCOURS ATYPIQUE

PORTRAIT D'ATHLÈTE : MANON LÉTOURNEAU, UN PARCOURS ATYPIQUE

2014-06-03

Par Josée-Anne Sarazin-Côté

QUÉBEC - Manon Létourneau a d'abord été une joueuse de soccer. Toute une. Demi latérale, elle courait partout sur le terrain, infatigable. Le soccer de haut niveau étant ce qu'il est, la délicate Manon a dû commencer à jouer du coude. Vint alors la première commotion cérébrale. 

La jeune femme est une athlète, une vraie. Elle se remet rapidement de sa blessure. Vient alors une deuxième, puis une troisième. À la septième, le coach de Manon, qui joue alors pour le Rouge et Or de l'Université Laval, tranche. "Je préfère te croiser dans le corridor sans que tu sois une joueuse de soccer, mais qu'au moins, tu te souviennes de mon nom" qu'il lui dit. 

Elle quitte donc le soccer. Impossible par contre de dire adieu au sport. Elle s'en trouve un nouveau, moins dangereux : le triathlon. 

Rapidement, elle s'améliore. On pourrait même dire qu'elle excelle, participant à plusieurs coupes du monde, représentant le Canada. Pas banal pour quelqu'un qui vient de s'y mettre. La santé va bien, elle est motivée aux entraînements (qui sont nombreux, on s'en doute) et se passionne pour son nouveau sport.

Participant à une énième coupe du monde, sur le circuit le plus performant au monde, elle s'élance pour la portion de nage. Une cinquantaine de filles, avides de victoire, qui se jettent à l'eau dans un corridor pas tellement large, ça joue du coude... et des pieds. Manon reçoit plusieurs coups de pied sur la tête. Le verdict tombe : 8e commotion cérébrale.

"Honnêtement, je ne me souviens même plus de cette course-là. À part quelques flashs très brefs, c'est le néant total. Je ne sais même pas comment j'ai réussi à terminer la course. Je sais simplement que je l'ai fait."

Après une très longue rémission, des mois et des mois à ne rien faire, Manon doit prendre une décision. "Le triathlon devenait malheureusement trop dangereux. Je ne peux simplement pas me permettre de subir une 9e commotion. Il y a la portion nage qui brasse, mais aussi, les chutes en vélo sont assez fréquentes. Ça devenait trop risqué, alors j'ai dû abandonner."

Ce qui l'a menée vers l'athlétisme... "Je ne voulais pas non plus arrêter de vivre. Je pourrais tomber demain matin en me prenant dans mes pieds. Le sport fait trop partie de moi, je devais juste en trouver un avec moins de risques."

Avec sa forme incroyable Manon s'est vite imposée sur les distances de 5000 et 10 000 mètres. Avec ses records personnels respectifs de 16:49.30 et de 36:05.87, mais surtout, avec son amélioration rapide, l'étudiante en ingénierie pourrait se tailler une place lors des finales des championnats canadiens. Pas banal pour une fille qui, il n'y a pas si longtemps, courrait après un ballon. 

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