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PATRICK HANNA, LES DEUX PIEDS SUR TERRE

PATRICK HANNA, LES DEUX PIEDS SUR TERRE

2015-06-01

Par Laurent Godbout

MONTRÉAL - Pour un spécialiste de triple saut, on peut dire du junior québécois Patrick Hanna qu'il a les deux pieds sur terre! Présentement classé 3e au pays toutes catégories de la discipline avec un saut de 15,36 mètres, l'athlète montréalais âgé de 19 ans complète une première année de médecine à l'université de Montréal et croit encore à ses chances d'être aux Jeux panaméricains de Toronto en juillet.

«Il me reste encore deux chances de remonter au classement, dit-il, analysant la possibilité d'être parmi les deux premiers au Canada à la date limite du 14 juin prochain. J'irai probablement à Sherbrooke le 3 juin et au Ian Hume le 13 pour tenter ma chance.»

Sans en faire un objectif de premier plan, le critère des deux premiers au classement canadien rendait possible ce rêve un peu fou pour l'athlète du club Athlética. «Cet hiver, c'est mon père qui m'a fait réaliser qu'avec le critère des deux premiers, j'avais des chances. Mais en réalité, l'objectif principal a toujours été de me qualifier pour l'équipe junior des championnats panaméricains juniors d'Edmonton.»

Le triple saut n'est vraiment pas une épreuve populaire au Canada. Depuis les beaux jours du Québécois Edrick Floréal, qui détient le record canadien de 17,29 mètres depuis 1989, seulement cinq sauteurs canadiens ont dépassé les 16 mètres. Dans ce contexte, pourquoi avoir choisi le triple saut?

«À ma deuxième année juvénile, j'obtenais de bons résultats en triple saut et je me disais qu'en m'entraînant plus spécifiquement pour ça, je pourrais faire beaucoup mieux. Comme j'allais entrer en médecine, je me disais que médecine et décathlon serait pas mal difficile. Le décathlon demande deux entraînements par jour et je pensais que j'avais de meilleures chances de réussir au triple.»

«Et puis, le triple c'est une épreuve complète. Ça demande de la vitesse, de l'impulsion, des habiletés techniques, et ça peut aussi être un show 

Au début avril, en Californie, Patrick y allait d'un record personne de 15,36 mètres à sa première sortie en plein air de la saison à la compétition d'Arcadia. «Dans la planification de la saison, nous voulions commencer plus tôt et profiter de la chaleur. Je m'attendais à faire plus de 15 mètres, mais je dois avouer que 15,36 mètres a été une belle surprise.»

Hanna croit qu'il a encore beaucoup de marge pour améliorer ce résultat. «Au Arcadia, mon sixième essai était une faute, mais je crois que j'étais autour de 15,50 mètres. À Albany, au début de mai, j'ai fait 15,13 mètres, mais là encore j'ai fauté à environ 15,60 mètres. J'ai encore de la marge.»

Rester ici, un choix difficile

Dans la poursuite d'une carrière sportive et des études universitaires, l'athlète de Roxboro a dû faire des choix difficiles. «J'aurais bien aimé aller aux États-Unis et j'ai reçu plusieurs offres intéressantes, comme Princeton et Boston University. Mais il aurait fallu que j'entre d'abord en pré-médecine. Au Québec, on peut entrer en médecine tout de suite après le cégep.»

Princeton étant reconnue comme une très bonne école au plan académique, qu'en était-il du programme en athlétisme? «Il y a un bon coach et plusieurs bons sauteurs. J'aurais eu accès à un bon niveau de compétition et une bonne ambiance pour l'entraînement. Par contre, ici, je suis avec Youri Zrajevski, mon entraîneur depuis que je suis benjamin, et je peux choisir mes compétitions et progresser à mon rythme.»

En demeurant près de chez lui, Hanna bénéfice aussi de quelques bourses de soutien. «À ma première année d'université, j'ai reçu une bourse de la Fondation de l'athlète d'excellence. Cette année, j'ai reçu une bourse de FIDA et j'ai été finaliste pour les bourses du Journal de Montréal.» Sans oublier qu'il a été identifié athlète Élite dans le cadre du programme de soutien au développement de l'excellence du MELS et soutien familial.

Une fois décidé à poursuivre ses études au Québec, il était confronté à un autre choix. «C'était aussi difficile que celui de ne pas aller aux États-Unis. Je devais choisir entre Laval, Sherbrooke et l'université de Montréal. Finalement, j'ai chosi Montréal à cause de mon coach, en pensant que je pourrais compétitionner pour l'UdeM.»

Malheureusement, cette première année ne s'est pas passée comme prévu puisque le circuit universitaire du RSEQ avait décidé d'exclure les athlètes de première année qui n'étaient pas dans une institution ayant un programme d'athlétisme. «C'était très frustrant de manquer les championnats canadiens CIS, mais la bonne nouvelle c'est que maintenant l'UdeM est dans le circuit et je pourrai adhérer à l'équipe.»

On voit souvent son père Ziad aux compétitions, accompagnant discrètement son fils et Frédéric, son frère cadet. «Mon père ne s'implique pas dans l'entraînement. Il me donne un support technique quand Youri n'est pas là. Disons que c'est mon manager

Et quels objectifs a-t-il à long terme? «Si j'arrive bien à combiner l'entraînement, les compétitions et la médecine, je suis assez ambitieux. Je m'améliore de 50 cm chaque année et c'est encourageant. Je suis encore loin des standards mondiaux et olympiques, mais ça ne m'apparaît pas impossible à long terme.»

Hanna regarde souvent des vidéos des meilleurs spécialistes du tripe saut. «Une des particularités, fait-il observer, c'est qu'il y a plusieurs types de physique qui peuvent bien sauter. De mon côté, je dois améliorer ma vitesse, je crois que c'est ce qui m'aidera le plus.»

 

 

 

 

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