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TOUTE UNE SEMAINE POUR CHARLES PHILIBERT-THIBOUTOT

TOUTE UNE SEMAINE POUR CHARLES PHILIBERT-THIBOUTOT

2015-07-24

Par Sportcom
 
Toronto - En une semaine, Charles Philibert-Thiboutot est passé du doute à la réalisation. Vendredi soir, il a obtenu la médaille de bronze du 1500 mètres des Jeux panaméricains sur la piste de l'Université York, sept jours exactement après avoir couru son standard olympique et pulvérisé son record personnel à la prestigieuse Rencontre Herculis de Monaco.
 
L'Américain Andrew Wheating a résisté aux assauts du Québécois et de l'Ontarien Nathan Brannen dans les derniers instants de la course pour l'emporter en un temps de 3 min 41,41 s. Brannen a fini deuxième en 3 min 41,66 s et Philibert-Thiboutot troisième en 3 min 41,79 s.
 
« Je n'ai peut-être pas eu la médaille d'or, mais d'être arrivé troisième et d'être deux Canadiens sur le podium, je trouve que c'est magique, a-t-il affirmé. Quand j'ai fait une accélération à 200 mètres de la fin, la foule, je l'ai entendue et nous pouvions la sentir derrière nous. Je pense que nous avons satisfait tout le monde en étant deux sur le podium. »
 
À l'entrée de la dernière courbe, il y est allé d'une accélération. « Je mets plus les chances de mon côté quand je fais un kick qui est un peu plus long, que strictement dans les derniers 100 mètres. Andrew, c'est un gars de 6 pieds 5 pouces, quand il décide de changer de vitesse, je fais trois foulées et il en fait une. Idéalement, il faut que je sois en bonne position et que je donne un coup un peu plus tôt. »
 
Philibert-Thiboutot s'est montré fort satisfait de sa prestation. « Ma stratégie, je pense que je l'ai suivie à la perfection. Je suis resté dans le top-5 tout au long de la course. Je suis resté à l'abri du vent et à 100 mètres de la fin, j'étais en position pour faire un kick qui aurait pu éventuellement me donner la victoire. D'un point de vue stratégique, j'aurais difficilement pu mieux faire. »
 
L'athlète de Québec a su ajuster son tir dans le dernier droit. « Ma cible au début, c'était Andrew. De 100 à 50 mètres de la fin, j'ai tout donné pour rester accroché à lui. Quand j'ai vu que Nate me passait par l'intérieur, ma concentration a changé pour rester dans le top-3 parce que j'étais capable de sentir qu'il y avait des gars qui arrivaient de l'autre côté. »
 
« L'objectif était d'aller chercher un podium et il l'a atteint », a précisé Félix-Antoine Lapointe, son entraîneur avec le club d'athlétisme de l'Université Laval. « Il a aussi bien exécuté notre plan de positionnement. Je lui lève mon chapeau, je suis bien fier de lui. »
 
Un choc
 
Philibert-Thiboutot en était vendredi soir à son deuxième accomplissement d'importance en une semaine.
 
« Cette année, ç'a été comme un choc pour moi. À l'entraînement, ça allait vraiment bien, je savais que j'étais capable. Jusqu'à ce que je coure à Monaco, ça ne s'était pas concrétisé. Là, c'est comme surréel. Penser qu'on peut le faire et le faire vraiment, ce sont deux choses complètement différentes. »
 
Dans la principauté, il a amélioré sa marque personnelle par plus de 4 secondes, passant d'un temps de référence de 3 min 38,32 s à un chrono de 3 min 34,23 s. Il s'agit du meilleur 1500 mètres d'un Canadien en 2015, le 20e sur la scène internationale.
 
Le doute avait pourtant assailli le coureur de 24 ans. « Je me disais que faire 3 min 35 s, c'était réaliste, que je pouvais aller aux Championnats du monde. Quand on est à la table à dessin, rien de ça n'est fait et on parle un peu à travers notre chapeau. En mai et juin, j'ai eu de la difficulté à entrer dans des courses qui étaient bonnes. Je faisais des 3 min 38 s ou 3 min 39 s. Je me demandais si j'avais atteint le plateau. Ensuite, j'ai eu un gros bloc d'entraînement et j'ai vu que j'étais supposé être capable de le faire. »
 
Seul bémol, il n'a pas réussi son temps dans les délais fixés par Athlétisme Canada, ce qui l'empêchera de participer aux prochains mondiaux, en août, à Pékin.
 
Peu importe, c'est le cur léger qu'il s'est présenté aux Jeux panaméricains. « J'ai été émotif beaucoup dans la dernière semaine. Je trouve que je suis parti de loin. Maintenant que je suis rendu là, je regarde en avant, je ne dois pas me dire que ma tâche est terminée. »
 
Toute l'euphorie d'il y a sept jours ajoute d'ailleurs au mérite de sa performance à l'Université York selon son entraîneur. « Un des défis de Charles, c'était de gérer le niveau d'émotion. Ce qu'il a vécu à Monaco, c'est exceptionnel. Il fallait qu'il puisse bien gérer ça pour revenir les deux pieds sur terre et être prêt à relever le défi d'aujourd'hui (vendredi). Il a bien fait ça, je suis très fier de lui. »
 
Les portes s'ouvrent
 
Constamment à la recherche d'invitations à des rencontres où l'opposition s'avèrerait relevée ce printemps et au début de l'été, Philibert-Thiboutot voit maintenant les portes s'ouvrir devant lui.
 
« Il faut regarder quelles opportunités valent la peine et ne pas tomber dans le panneau de trop en faire, mais c'est un beau problème que d'avoir à jongler avec ça », a tenu à souligner Félix-Antoine Lapointe, qui se fait philosophe quand on lui fait remarquer l'ironie de la situation.
 
« Ça montre que la carrière d'un athlète peut changer avec quelques petits détails. »
 
L'entraîneur trouve aussi révélateur de voir son poulain s'illustrer dans deux types de course différents.
 
« Il y a celles pour les temps, souvent les grands événements internationaux de type Diamond League, où il y a des lièvres et l'objectif est de faire le temps le plus rapide. Mais quand tu arrives en championnat, aux Jeux panaméricains, dans les Championnats du monde ou aux Jeux olympiques, souvent les débuts de course sont plus lents et ça prend une fin rapide. Ça prend donc d'autres aptitudes. »
 
« Il faut développer des athlètes complets capables de courir vite pour des chronos et en championnat. Charles, en une semaine, vient de faire les deux. C'est super satisfaisant. »
 
Y a-t-il un danger que la machine s'emballe? « Ça va vite, c'est sûr, trop vite, non. Il faut juste prendre les bonnes décisions pour ne pas brûler d'étape. Chose certaine, qu'il ait fait un standard olympique, ça nous simplifie la vie pour la planification de la prochaine année. »
 
« L'objectif n'est pas seulement d'aller aux Olympiques, mais d'arriver là compétitif et d'être capable de faire une finale. »
 
Déjà, une invitation des plus intéressantes l'attend, alors qu'il prendra part à la rencontre de la Diamond League de Stockholm jeudi prochain.
 
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