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ANNIE LEBLANC, ATHLÈTE DU MOIS DE MAI DE LA FQA

ANNIE LEBLANC, ATHLÈTE DU MOIS DE MAI DE LA FQA

2016-06-03

Par Laurent Godbout

Montréal (3 juin) - Bien qu'on l'ait pas vu souvent en compétition chez nous depuis trois ans, Annie Leblanc poursuit sa carrière sportive avec succès au sein de la prestigieuse équipe d'athlétisme de l'université de l'Oregon. À sa dernière année de compétition chez les universitaires, l'athlète du club d'athlétisme Lanaudière Olympique a réalisé tout un exploit le 28 mai dernier en se qualifiant pour les épreuves de 800 mètres et 1500 mètres vers les championnats nationaux NCAA à Eugene du 8 au 10 juin. Quand on connaît le niveau athlétique de ces championnats, cette rare réalisation par l'athlète québécoise de 24 ans lui vaut le titre d'Athlète du mois de mai de la FQA.

«Merci beaucoup pour les encouragements et pour la nomination, c'est grandement apprécié! C'est un honneur qui signifie beaucoup pour moi.»

Tu as connu un gros mois de mai avec une 2e place au 800m et une 3e au 1500m du championnat de conférence PAC12 avant de terminer 3e au 1500m et 4e du 800m des West Regionals. Comment récupères-tu après toutes ces courses?

«Ça va bien, il n'y pas de problèmes. En fait, je ne suis pas vraiment entraînée pour le 1500 mètres, mais plus pour le 800. Normalement, les courses en première ronde au PAC12 ne se courent pas dans des temps très rapides. Ce sont des courses où on essaie de se qualifier avec moins d'effort. Pour moi, c'est dommage que les 800 métres étaient toujours après les 1500 mètres. Je n'étais jamais fraîche pour le 800 mètres. Les entraîneurs m'ont bien préparé car la plupart de ces courses étaient seulement tactiques. Cette année, l'entraînement a été planifié pour réussir plus tard en saison. Il y a trois semaines, j'ai commencé à travailler avec le coach des milers masculins. Ce sont des entraînements plus similaires à ce que je faisais avec José (Sant).»

Annie, ces championnats NCAA ont lieu dans votre cour à Eugene. Quels sont tes objectifs pour cette dernière compétition universitaire?

«J'essaie de voir les choses d'une manière différente des années précédentes. Je veux bien contrôler la préparation et me laisser aller en compétition. Mes parents seront ici pour me voir et je veux profiter pleinement de ce moment. C'est une compétition importante pour tout le monde mais peu importe ce qui se passera, ce n'est pas la fin du monde. Tous les athlètes qui participent aux NCAA's sont extrêmement forts. La qualité et la profondeur de la compétition sont exceptionelles. C'est rendu à un point où 2:01 ou 2:02 (au 800m) n'a rien d'exceptionnel. Certaines équipes veulent peaker pour cette compétition et on ne sait jamais ce qui peut arriver. Je n'oserais pas faire des prédictions.»

Avec le recul, comment qualifierais-tu ton expérience des quatre dernières années en Oregon, tant au plan sportif que personnel?

«Au plan sportif, c'était loin de ce que je m'attendais. J'avais dans l'idée que j'allais m'améliorer tout de suite mais ce n'est pas aussi simple. Nous sommes une équipe très performante avec beaucoup de bons athlètes et je devais m'habituer à recevoir moins d'attention. Il y a certaines courses qui n'ont pas été à mon goût, mais ça m'a aidé à grandir au plan psychologique et émotionnel et à développer ma résilience. J'avais une mauvaise conception et je pensais que ça irait comme quand j'étais plus jeune. À l'entraînement, j'ai appris à faire plus de musculation et j'ai développé aussi mon endurance. En compétition, j'ai été dans toutes sortes de situations.»

«Au plan personnel, j'ai vécu beaucoup de changements que j'avais sous-estimé. Je suis contente d'avoir vécu ces expériences. Tu apprends beaucoup sur ton entourage et sur toi-même. Je vais graduer avec un bacc - Human physiology, qui équivaut à la kinanthropologie chez nous - qui ne m'a rien coûté, j'ai appris à vivre par moi-même, à être plus indépendante. Vraiment, sur le plan personnel, c'est une grande croissance pour moi. Dans le sport, tu as la chance de vivre des moments exceptionnels, tu peux faire des belles performances tôt dans ta carrière mais tous les athlètes de niveau international ont connu des périodes difficiles. Le sport, c'est comme vivre dans des montagnes russes!»

Tu dois bientôt préparer tes valises pour quitter Eugene. Où iras-tu maintenant et quels sont tes plans pour les quatre prochaines années?

«Je prendrai ça au jour le jour. J'ai eu le temps de penser à mes plans, en me disant que tout cela prenait fin bientôt et que je devais penser à mon avenir. Mais je vais prendre tout cela une année à la fois. J'ai compris que je ne peux pas avoir qu'une chose dans ma vie, comme être juste athlète ou juste travailler ou étudier. J'aimerais peut-être commencer une business ou travailler un peu même si l'entraînement occupera une plus grande partie de mon temps. Ce sera comme une période d'incubation. J'ai plusieurs options devant moi. Je pourrais rester aux États-Unis ou retourner au Canada, il n'y en pas une qui est devant l'autre présentement. Je veux d'abord revenir à la maison cet été et demeurer avec ma famille pour l'automne. Je vais prendre mon temps pour prendre la bonne décision. J'aime l'école, mais après les études secondaires, collégialles et universitaires, je suis un peu écoeurée et j'ai besoin d'une pause. J'ai une bonne relation ici avec les coachs. Quand on gradue, ils nous voient d'une manière différente mais j'ai une bonne communication et un bon soutien ici. Je suis impressionnée par le soutien que je reçois ici.»

Les essais olympiques auront lieu à Edmonton au début du mois de juillet. Que voudrais-tu accomplir à Edmonton?

«Ce sera une compétition importante pour moi, comme ça l'est pour tout le monde au Canada cette année. Je veux traiter cette compétition de la même manière que pour les années passées et je suis certaine que c'est la même chose pour tout le monde. Mon objectif? Et bien c'est un rêve, un rêve comme pour tous les athlètes. J'aimerais bien faire l'équipe olympique. Pour moi, c'est un objectif qui n'a rien de surprenant, je suis comme tous les athlètes qui iront à Edmonton. Dans mon épreuve, je suis encore jeune et même si je suis désavantagée, ça ne veut pas dire que je ne peux pas y penser!»

Le niveau du 800 mètres féminin s'est considérablement amélioré au Canada depuis quatre ans. Quelle a est ta vision pour cette épreuve pour les prochaines années?

«Depuis 2012, le field au 800 mètres s'est incroyablement amélioré. Et pas juste au Canada. Aux États-Unis, les gens courent de plus en plus vite et de plus en plus jeune. L'année dernière, ma partenaire d'entraînement est passée de 2:03 à 1:59. Quand on voit quelqu'un le faire devant nous, on y croit. Les athlètes sont mieux soutenus, il y a une évolution de l'entraînement, de la technologie et donc une évolution de la performance. D'ici 2020, certains athlètes vont quitter mais d'autres vont arriver et ça va continuer à évoluer. On ne doit jamais sous-estimer personne. Le 800 mètres est toujours mon coup de coeur mais j'apprends aussi à courir le 1500 mètres. L'autre jour, mon entraîneur m'a demandé ce que je connaissais du 1500 mètres et je lui ai répondu «rien, absolument rien». Je ne sais pas du tout courir le 1500 mètres, mais un jour j'aimerais bien le courir comme il faut et non pas juste pour le faire.»

Bonne chance aux NCAA's et on te revoit à Edmonton.

 

 

 

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