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#MERCICOACH PIERRE THIBODEAU

#MERCICOACH PIERRE THIBODEAU

2016-09-22

par Laurent Godbout

Dans le cadre de la Semaine nationale des entraîneurs du 17 au 25 septembre, la FQA rencontre cette semaine des entraîneurs québécois et veut souligner leur contribution essentielle au développement de nos athlètes et de l'athlétisme québécois. Aujourd'hui, nous vous présentons Pierre Thibodeau, entraîneur au club d'athlétisme Zénix de la Mauricie. Faites comme nous et dites #MerciCoach!

Pierre, on te voit depuis longtemps aux compétitions. Depuis combien d'années es-tu entraîneur?

Ça doit bien faire vingt ans? J'ai terminé mon bacc en Éducation physique en 1996 et il était difficile à l'époque de trouver un emploi. Tout le monde me disait que je n'allais pas trouver d'emploi stable parce qu'il y avait une longue liste d'attente. Je me suis dit que j'allais me faire connaître en devenant d'abord entraîneur. J'ai coaché en mini-basket, au hockey, au soccer et comme j'avais fait un peu d'athlétisme au scolaire quand j'étais jeune, je me suis également mis au coaching en athlétisme.

À quel endroit?

Je suis retourné à mon école secondaire, Val-Mauricie à Shawinigan-Sud, et j'ai trippé. J'ai aimé aider les jeunes à se préparer pour un championnat provincial et je n'ai pas arrêté depuis ce temps-là. Ça m'a permis de me faire connaître et de me rattacher au milieu scolaire. Finalement, j'ai eu mon premier contrat de prof à temps plein à 27 ans à St-Alexis-des-Monts. J'ai eu un groupe intéressant et c'est là que j'ai commencé à coacher Alex Genest. Il avait 12 ans. Ce n'était pas mon meilleur mais j'avais une bonne relation avec lui.

Quand un athlète s'avère supérieur aux autres, est-ce difficile de continuer à s'occuper du groupe et travailler à un plus haut niveau avec cet athlète?

J'ai toujours essayé de donner du temps à tout le monde. Au début, ce n'était pas facile mais aujourd'hui j'ai plusieurs adjoints au club, nous sommes bien nantis et nous avons six entraîneurs. Je peux donc m'occuper d'un groupe moins nombreux et j'ai confiance aux entraîneurs du club.

Tu as été l'entraîneur d'Alex Genest jusqu'en 2008 et maintenant tu entraînes un autre bon coureur de steeple, Antoine Thibeault. Qu'est-ce qui est différent pour toi entre ces deux athlètes?

Je ne cacherai pas que ma discipline préférée est le steeplechase. On a un autre jeune au club, Elliott Héroux, qui est champion canadien chez les cadets au steeple. Avec Alex, on a fait des bons coups et au fur et à mesure qu'il progressait, j'ai été capable de m'adapter. On était bien près de la qualification olympique. Mais 2008 a été une année difficile: on était plus jeunes et nous avons peut-être trop mis le focus sur l'objectif des Jeux olympiques. Avec l'expérience, j'ai réalisé qu'il ne fallait pas en faire une obsession. On a peut-être trop mis nos oeufs dans le même panier. C'était pas au niveau de l'entraînement, mais plutôt dans l'approche mentale. Avec Antoine, on est bien moins stressés. On voit bien qu'il est sur la bonne voie pour 2020. On va aller chercher les outils pour continuer à progresser mais pour les olympiques, je me dis si ça doit arriver, ça arrivera, sinon et bien on aura fait de notre mieux.

On a bien vu avec la blessure d'Alex cette année que même avec le meilleur plan, tout peut dérailler...

Oui, c'est très dur de faire l'équipe olympique. On sait que pour Antoine, les Jeux de 2020, c'est possible, mais on travaille maintenant sur des micro-objectifs rapprochés. En 2017, on vise l'équipe des championnats du monde. On travaille pour avoir un plan gagnant. C'est pas juste physique. Antoine et moi on a une communication exceptionnelle. On sait que ça prend aussi des services de physiothérapie et que ça prend la totale autour de lui pour réussir.

Quel type d'athlète est-il?

Antoine réussit à bien contrôler sa nervosité. Il sait que lorsqu'il a fait l'entraînement, les résultats vont arriver. Dans la dernière année, sa gestion du stress a été parfaite. Présentement, ça va bien et on va continuer à bien l'entourer. La seule chose qu'il n'a pas autour de lui c'est un psychologue sportif et je me demande si c'est bien nécessaire dans son cas.

Et pendant ce temps, tu réussis à concilier le travail, le coaching et la famille?

C'est pas évident, mais j'essaie d'être le mieux organisé possible. Dans chacune de mes activités, que ce soit avec la famille, dans ma profession ou comme entraîneur, je veux être concentré à 100% sur ce que je fais. Comme je le disais tantôt, avec le nombre d'adjoints que nous avons au club, c'est maintenant possible. Je suis chanceux parce que ma blonde aime l'athlétisme et les trois enfants aussi. Ils ont 4, 7 et 11 ans et maintenant ils viennent souvent aux entraînements. Pour moi, c'est le jackpot que ma famille aime l'athlétisme! Ils ont essayé le hockey, le soccer et finalement, ils aiment l'athlétisme. Je ne peux pas demander mieux!

Y a-t-il un principe que tu juges essentiel à inculquer aux athlètes?

Je travaille avec des athlètes de disciplines différentes au club. J'ai des sprinters et des coureurs de demi-fond. Les mentalités et l'entraînement sont peut-être différents mais j'ai la même approche avec tout le monde. Peu importe le niveau où l'athlète est rendu, il doit rester modeste et ne pas s'enfler la tête. Comme entraîneur, ça fait partie l'éducation à faire de l'athlète. J'ai une approche très terre-à-terre là-dessus.

On a souvent entendu les athlètes dire que c'était bien important pour eux d'être dans un groupe pour atteindre le haut niveau. La question est peut-être un peu tendancieuse mais cette notion de groupe n'est-elle pas un peu surestimée?

Oui, je pense que c'est surestimé. À toujours s'entraîner en groupe, tu peux en arriver à ne plus respecter tes intensités, tu peux même te sortir de ton plan d'entraînememt. Par exemple, un soir donné, tu avais un 5/10 à faire et parce que tu voulais être avec le groupe tu te fais embarquer et tu finis avec un 9/10. À ce moment-là, les désavantages du groupe sont plus grands. J'ai beaucoup de respect pour ce que font les athlètes qui sont en groupe. Tu peux aller chercher l'esprit positif qui règne dans un groupe d'entraînement. Présentement, Antoine est au Rouge et Or universitaire et il retire les avantages du groupe tout en laissant de côté les inconvénients. C'est le meilleur de deux mondes. Dans certains cas, l'entraînement de groupe est une bonne chose, mais dans d'autres, je crois qu'il est surestimé.

 

 

 

 

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