Fédération Québécoise d'Athlétisme

Accueil > Nouvelles > GENEVIÈVE CARDELLA-RINFRET: TOUJOURS ATHLÈTE MAIS DÉJÀ ENTRAÎNEUR

GENEVIÈVE CARDELLA-RINFRET: TOUJOURS ATHLÈTE MAIS DÉJÀ ENTRAÎNEUR

GENEVIÈVE CARDELLA-RINFRET: TOUJOURS ATHLÈTE MAIS DÉJÀ ENTRAÎNEUR

2017-09-26

Par Fédération québécoise d'athlétisme

Notre contingent d'entraîneurs compte plusieurs anciens athlètes. On se dit souvent que c'est le cheminement le plus logique pour devenir un entraîneur mais ce n'est pas toujours le cas. Comment les anciens athlètes, de quelque niveau que ce soit, réussissent la transition vers le rôle d'entraîneur? Dans le cadre de la Semaine nationale de l'entraîneur, du 23 au 30 septembre, la FQA présente cinq anciens athlètes québécois qui ont fait le saut vers le rôle primordial d'entraîneur.

Geneviève Cardella-Rinfret lance toujours le javelot au sein du club Saint-Laurent Sélect. À 25 ans, après un Bacc en kinésiologie et une Maîtrise en Sciences de l'activité physique, cette étudiante candidate au Doctorat en psychologie du sport conjugue déjà le rôle d'entraîneur à celui d'athlète active. Au cours de la dernière saison estivale, elle atteignait 44,25 mètres au javelot, ce qui la classait 18ème au palmarès canadien.

Geneviève, tu es toujours active comme athlète mais tu es maintenant aussi entraîneure dans ton club.

Oui, j'entraîne les athlètes des groupes d'âge minimes et benjamins et je suis avec eux environ une à deux fois par semaine.

Qu'est-ce qui t'a poussé à cela même si tu es encore athlète et aux études?

C'est une passion qui remonte à longtemps. J'ai vu mon père être entraîneur quand j'étais plus jeune. J'étais comme son assistante au soccer. J'avais 12 ans, mon petit frère en avait dix, mon père entraînait mon frère. J'allais au terrain de soccer avec eux et je donnais des petits trucs aux jeunes. Ç'a continué jusqu'à ce que mon frère ait 20 ans. Donc, ça fait plus que 10 ans que je suis coach de soccer. En athlétisme, ça fait un peu plus que trois ans, soit depuis que Tony (Kwan) m'a approché au début. Je n'étais pas certaine de vouloir passer autant de temps à la piste étant donné que j'étais athlète. Il m'a convaincu et dès les premiers entraînements, j'ai vraiment aimé ça.

Je pense que c'est le fait de redonner à mon sport qui explique que j'aime faire la transition. C'est sûr que je suis encore athlète mais ce ne sera pas pour toute ma vie. Déjà d'être entraîneure quelques heures par semaine fait en sorte que quand je vais arrêter l'athlétisme ce sera plus facile pour moi de faire la transition. J'aurai donc encore un pied à terre en athlétisme et je pourrai poursuivre ma passion pour ce sport-là d'une autre façon.

Ça t'amène sur une trajectoire à long terme?

Oui, définitivement à long terme.

Tu travailles présentement avec les groupes d'âges, les minimes. Est-ce que tu aimerais éventuellement demeurer dans les lancers ou si tu es prête à entraîner les jeunes dans toutes les épreuves?

Pour les catégories d'âge minimes et benjamins, on les développe déjà dans toutes les épreuves. Je pense qu'avec le passé que j'ai eu avec Jacques (Chapdelaine) comme entraîneur, on m'a montré la base dans la majorité des épreuves. Pour ces âges-là, je crois avoir ce qu'il faut mais éventuellement j'aimerais peut-être coacher des athlètes plus avancés qui seraient des athlètes d'élite. Alors là, j'irais peut-être vers le javelot, qui est une épreuve que je connais.

Mais j'aime bien m'occuper des minimes et benjamins parce que souvent les bons entraîneurs vont entraîner les plus vieux mais en bas il n'y a pas toujours l'expertise. Ça fait souvent un trou dans le développement de l'athlète qui arrive à 16-18 ans et qu'il y a plein de choses qui n'ont pas été développées. Dans ces cas, il est souvent trop tard pour en faire un athlète d'élite.

Qu'est-ce qui te satisfait le plus dans ce que tu fais avec les jeunes?

Ma plus grande satisfaction, c'est de voir un jeune qui est content de sa performance, qui voit qu'en mettant des efforts il est capable de s'améliorer. Je crois aussi à tout le côté humain. De transmettre de bonnes valeurs par le sport. D'amener les jeunes à être des meilleures personnes en général et pas juste des meilleurs athlètes. C'est d'avoir un impact positif dans leur vie, de discuter avec ces jeunes-là. Même s'ils ont juste 10 ans, 12 ans, de discuter de ce qui se passe dans leur vie et pas seulement de savoir s'ils sont bons au saut en longueur ou en sprint. J'aime connaître ce qu'ils aiment, ont-ils des frères et soeurs, comment ça va à la maison, des choses comme ça.

Est-ce que tu te considères plus active comme athlète ou comme entraîneure? 

Je suis définitivement plus active comme athlète en ce moment. Par contre, ce qui vient peut-être changer la donne c'est que j'étudie en psychologie du sport, je travaille aussi en préparation mentale dans d'autres sports. Je passe beaucoup d'heures avec des entraîneurs de haut niveau dans d'autres sports. Je crois que ça deveint un atout. Par exemple, je travaille avec Marc Gagnon en patinage de vitesse courte piste au centre régional à l'aréna Maurice-Richard. L'année dernière, j'étais avec le groupe de tennis de Sports-Études Montréal. Ce sont des heures de plus en préparation mentale avec d'autres sports qui font que je gagne de l'expérience en entraînement.

Est-ce que tes formations d'entraîneur du PNCE complètent bien ce que tu fais aux études?

Pour l'instant, je n'ai fait que le niveau 1 (entraîneur sportif) dans l'ancien PNCE si on peut dire. C'est complètement différent de ce que j'ai fait au bacc en kinésiologie. En kin à l'université de Montréal, on n'apprend pas les différentes disciplines sportives. On apprend les principes d'entraînement en général. Je sais que dans mon bagage en kin, il y a plusieurs modules que j'ai fait dans mes cours et qui pourraient peut-être reconnus un jour. Présentement, le doctorat me prend beaucoup d'heures.

Combien de temps penses-tu être encore athlète?

C'est dur à dire. J'ai encore des objectifs à atteindre. Si je vois que je progresse, je vais continuer et j'ai aussi encore le plaisir de le faire. C'est bien d'avoir un objectif mais si tu n'y arrives plus, il faut aussi que tu saches t'arrêter. J'ai 25 ans et ce n'est pas impossible que je continue encore jusqu'à 28 ans à condition de bien faire l'équilibre entre tout ce que j'ai à faire.

Comment évalues-tu la saison que tu viens de terminer au javelot?

C'était une bonne saison pour moi parce que les deux années précédentes j'avais été blessée. Là, j'ai pas mal retrouvé le niveau que j'avais avant mes blessures. Il m'a manqué quelques compétitions en fin de saison pour faire un record personnel. À chaque compétition, j'ai lancé de plus en plus loin et j'ai fait mon meilleur lancer aux provinciaux. Je suis optimiste d'être capable de lancer encore plus loin. C'était une année pour revenir. L'année prochaine en sera une pour performer.

Quel message aimerais-tu envoyer aux autres entraîneurs pour la Semaine nationale de l'entraîneur?

Si on parle de la thématique de la transition d'athlète et celle d'entraîneur, je dirais que le plus important est de ne pas attendre et commencer à s'impliquer déjà quand on est jeune. Même si c'est juste une fois par semaine. Déjà d'avoir un peu goûté à ça, on se sent un peu plus compétent et on déjà de l'expérience. Ça peut faire en sorte qu'on développe une passion là-dedans. Tandis que si on arrête d'être athlète et qu'on se pose ensuite la question comme qu'est-ce que je fais après, est-ce que je deviens entraîneur, ça peut être moins évident de trouver la réponse.

Ça, c'est une très bonne conclusion. Merci Geneviève! 

 

 

Toutes les nouvelles